types de surdité

Les différents types de surdité

L’oreille peut être atteinte de 2 différents types de surdité, selon la localisation du dysfonctionnement dans l’organe de l’audition : surdité conductive et  surdité neurosensorielle.

type surdite

source : DomiqueGarcia.fr

La  surdité conductive :

Le premier type de surdité est une perte auditive conductive est due à un dysfonctionnement de l’oreille externe (pavillon, conduit auditif externe ou tympan) ou moyenne (caisse du tympan, osselets, trompe d’Eustache). Il s’agit d’une perte auditive diminuant la puissance du son sans altération du champ dynamique de la voix ni déformation de la voix. Elle peut être unilatérale ou bilatérale, s’accompagnée d’acouphènes plutôt de type grondement ou bruit blanc, et ne dépassera pas un maximum de 60 dB de perte auditive.

En général, les surdités de transmission peuvent être traitées par geste chirurgical. Les prothèses auditives viennent suppléer ou compléter ce geste si besoin. À ce sujet, un test audit en audiologie permet de juger la pertinence d’une chirurgie ou du recours aux aides auditives..

Les surdités conductives dues à un problème dans le conduit auditif externe :

Bouchon de cerumen obstruant :

Un bouchon de cerumen passe souvent inaperçu, la personne ne le sent pas physiquement dans son conduit auditif. En se baignant ou en prenant la douche, de l’eau peut stagner en arrière du bouchon et provoquer à la longue une otite externe. Mieux vaut faire vérifier votre conduit auditif si une douleur survient dans votre oreille. A noter aussi que la plupart des bouchons ne sont pas complètement obstruants et ne font pas baisser votre audition. Même un bouchon complètement obstruant et très dense ne conduit pas à une perte auditive sévère, mais plutôt légère à modérée. Au Québec, les médecins de famille, ORL , infirmières et certains audioprothésistes peuvent enlever des bouchons de cerumen en clinique.

Otite externe :

Il s’agit d’une réaction inflammatoire de l’épithélium du conduit auditif externe suite à une infection microbienne. On l’appelle souvent l’otite du baigneur ou l’otite des piscines, car de l’eau stagnante dans le conduit auditif peut faire des microfissures par abrasion de l’épithélium et créer une infection. Le conduit auditif et le pavillon deviennent oedemateux et douloureux.  Il faut consulter un médecin ORL.

Aplasie mineure ou majeure :

maladie génétique comportant une microtie du pavillon avec parfois une absence de conduit auditif externe. La cochlée interne est intacte. Les medecins ORL efffectuent une chirurgie reconstructrice du pavillon à visée esthétique, mais cela ne permet pas de ré-entendre. Pour stimuler la cochlée et faire entendre à nouveau, il existe des appareillages auditifs spéciaux implantés chirurgicalement appelés BAHA.

type surdite conductive aplasie mineure

source : cotizup.com

 

Les surdités conductives dues à un problème ou perforation tympanique :

  • perforation tympanique due à un barotraumatisme : plongée, cure-oreille, coup sur la tête, explosion.

 

  • perforation tympanique suite à des otites moyennes aigües : la présence de liquide rétro-tympanique arrive à rompre la membrane tympanique sous l’effet d’une trop grande pression.

 

Les surdités conductives dues à un problème dans la caisse du tympan :

  • otites moyennes chroniques ou épisodiques : présence de liquide non infectieux en arrière du tympan, empêchant sa vibration. La personne n’a pas forcément de douleur si la pression exercée n’est pas trop importante, mais ressent une perte auditive. Le médecin ORL peut décider d’ancrer un aérateur trans-tympanique qui permet l’écoulement du liquide rétro-tympanique par le conduit.

type surdite tube tympan

source : umvf.omsk-osma.ru

 

  • cholestéatome : prolifération anarchique de cellules épithéliales dans la caisse du tympan, souvent suite à de multiples perforations tympaniques. Les osselets et la caisse du tympan sont envahis de ne peuvent plus transmettre la vibration. La chirurgie limite l’évolution de la maladie et tente de rétablir la fonction ossiculaire. Elle peut être compléter par l’appareillage auditif si l’audition normale n’est pas retrouvée.

 

  • otosclérose ou otospongiose : maladie héréditaire unilatérale ou bilatérale, plutôt chez la femme, apparaissant entre 20 et 40 ans, souvent suite à la grossesse, provoquant l’ankylose de l’articulation entre l’étrier et la fenêtre ovale, pouvant s’étendre jusque dans la cochlée (la surdité devient alors aussi neurosensorielle). La chirurgie consiste remplacer l’étrier par un implant en titane, pour rétablir la fonction ossiculaire. La chirurgie donne de bons résultats pour la fonction auditive et peut être complétée par l’appareillage auditif si besoin (ou supléée en cas de contre-indication à la chirurgie).

 

  • Obstruction de la trompe d’Eustache : Lors d’infection ORL, la trompe d’Eustache est souvent envahit de liquide, entravant ainsi l’aération de la caisse. Ceci provoque une pression négative dans la caisse du tympan qui attire la membrane tympanique en arrière de la caisse et empêche sa vibration adéquate. La personne a un sentiment de pression dans son oreille qu’elle peut essayer de corriger par la manoeuvre de Vasalva.

 

 

La surdité de perception ou surdité neurosensorielle :

 

Le deuxième type de surdité est une perte auditive neurosensorielle. Elle est due à une atteinte cochléaire ou rétro-cochléaire. Elle peut être due à plusieurs facteurs : traumatisme sonore, trauma crânien, tumoral, ototoxicité (effet secondaire de médicament), usure due à l’âge (presbyacousie), surdité brusque, maladie génétique. Elle se caractérise par la déformation de la voix, et une diminution de la compréhension dans les environnements bruyants. Elle peut s’accompagner d’acouphènes, en général plutôt de type sifflement aigus. Elle peut être unilatérale ou bilatérale.

 

 

Les surdités neurosensorielles dues à une atteinte cochléaire :

 

  • La presbyacousie : Avec l’âge, la diminution de la quantité de cellules ciliées sensorielles entraine une diminution et une déformation du signal auditif via le nerf auditif. La surdité due à l’âge atteint 50 % des plus de 75 ans et 30 % des plus de 65 ans. Elle est symétrique et souvent accompagnée d’acouphènes de type aigus. Les personnes ressentent une déformation de la voix : ”J’entends mais je ne comprends pas” exacerbée dans le bruit ambiant. Cette perte auditive s’installe progressivement sans que la personne ne s’en aperçoive au début. L’entourage est le premier à s’en apercevoir et devient déterminant dans la prise en charge. La personne peut atteindre une surdité sévère s’en en avoir l’impression. Le diagnostic précoce par des dépistages réguliers à partir de 65 ans peut aider à suivre l’évolution et corriger le problème avant qu’il nuise à la qualité de vie sociale par un isolement progressif.

  • Le traumatisme sonore : Une exposition répétée à des sons traumatisants (travail dans le bruit, musiciens, coup de fusil, pétard) entraine une détérioration des cellules sensorielles irréversible. Elle s’accompagne souvent d’acouphènes très dérangeants de types aigus. Des protecteurs auditifs sur mesure existent pour protéger les travailleurs ou les musiciens.

 

  • le trauma crânien : Une chute entrainant une fracture de l’os du rocher peut vider la cochlée du liquide endolymphatique dans lequel baignent les cellules ciliées. La détérioration est brutale et irréversible, et s’accompagne d’acouphènes très dérangeants de type bruit blanc ou chute d’eau.

 

  • la surdité brusque : D’origine virale ou vasculaire, elle est unilatérale et peut aboutir à une surdité totale. La prise en charge doit être extrèmement rapide IDÉALEMENT dans les premières 48H pour avoir une chance de récupérer l’audition. La personne peut avoir au même moment des acouphènes tellement forts qu’ils semblent masquer la perte auditive. Des acouphènes très dérangeants survenus brutalement peuvent donc être le signe d’une surdité brusque.

 

  • La surdité par ototoxicité : certains médicaments provoquent une lésion cochléaire (antibiotiques aminosides, chimiothérapie, quinine anti-palludisme, furosémide). La surdité est bilatérale et irréversible.

 

  • La surdité héréditaire : plusieurs atteintes génomiques sont répertoriées et donnent lieu à une surdité symétrique, neurosensorielle et souvent évolutive.

Les surdités neurosensorielles ne sont pas opérables et seuls les appareils auditifs peuvent corriger la perte d’audition.

 

  • La Maladie de Ménière : elle se caractérise par une surdité évolutive fluctuante, avec des vertiges rotatoires et des acouphènes. L’appareillage auditif est vivement conseillé et permet d’atténuer les acouphènes et de retrouver une qualité de vie au niveau de la communication. Un traitement anti-vertigineux de fond permet de réduire les crises de vertiges.

 

Les surdités de perception dues à une atteinte rétro-cochléaire :

 

  • le neurinome de l’acoustique : il s’agit d’une tumeur bégnine localisée sur le nerf vestibulaire, comprimant le nerf acoustique et le nerf facial si elle prend de l’ampleur. Elle est unilatérale et se caractérise par une grande distorsion de la voix, la présence d’acouphènes et parfois des vertiges. Si elle n’est pas traitée à temps, elle peut engendrer une hémiplégie faciale.

 

Les types de surdité sont nombreuses et peuvent porter à confusion. Nous vous recommandons d’en discuter avec votre professionnel de la santé pour assurer un bon alignement selon vos symptômes et un diagnostic précis de votre surdité.